Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 08:35

 

 

Je ne vais pas vous parler de mon récent voyage à Gotham city, je vais vous parler de ma dernière lecture.

 

Je viens de refermer le 4e roman traduit en français de Roger Jon Ellory, Les anges de New York. 

R.J.Ellory est un auteur anglais que je suis depuis sa première parution chez Sonatine en 2009. Il a commit une dizaine de romans dont seuls 4, pour l'instant, ont été traduits dans la langue de Molière. Je tiens d'ailleurs à saluer au passage le travail des traducteurs, artistes de l'ombre à qui on oublie souvent d'associer le succès d'un livre.

 

J'ai toujours aimé l'écriture sobre et incisive d'Ellory. Au fur et à mesure de ses parutions, il se détache de plus en plus de l'étiquette polar qu'on lui a collé . Le polar est un domaine trop étroit pour lui. Parlons plutôt de romans noirs ou encore mieux, de drames humains.

Bien qu'il y ait dans chacun de ses romans une intrigue, la découverte du coupable n'est pas l'enjeu de la lecture. Le méchant, on le connait souvent bien avant la fin.

Ce que Ellory aime faire partager, c'est l'âme de ses personnages complexes, abimés par un passé difficile. Au fur et à mesure de ses romans apparait aussi un travail de recherche. Il est évident que l'auteur enquète avant la rédaction de ses ouvrages.

Pour les anonymes, son précédent bouquin, il a étudié puis relaté un passé peu brillant de l'intouchable CIA. Pour les anges de New York, il a dû passer pas mal de temps en compagnie de flics afin de connaitre les rouages de leur métier.

 

C'est là ma principale critique sur ce livre.

Durant une bonne partie du roman, j'ai eu la sensation de lire un rapport sur la façon dont travaille un enquêteur du NYPD (la police de New York), un condensé du manuel du parfait petit agent avec pléthore de détails de procédure qui, je l'avoue, m'ont ennuyé.

Je n'ai pas ressenti ce travail d'investigation dans Seul le silence, je l'ai apprécié dans Vendetta, il ne m'a pas dérangé dans Les anonymes.

 

Pour résumer les anges de New York, c'est l'histoire de Franck Parrish brillant inspecteur d'un commissariat de Brooklyn dont le père fut une légende vénérée par tous les flics de la ville. Franck, lui, n'a jamais vu son père comme un héros mais comme un ripoux qui bouffaient à tous les rateliers, un fantôme qui lui a pourri sa vie.

Raison pour laquelle, il a foiré son mariage, dépassé les limites de ses fonctions et sombré dans l'alcool.

Franck Parrish est sur la touche, il le sait. Sa hiérarchie l'oblige à consulter le psy du département ce qui l'oblige à raconter les faits d'armes de son paternel et l'amène vers une introspection, qui je l'avoue m'a ennuyé aussi.

Là encore le travail de recherche de l'auteur est un peu trop évident. Après l'exposé sur comment fonctionne l'administration policière, on a droit à un résumé bien (trop ?) documenté des meilleurs "coups" de la pègre locale.

 

Pour étayer toute cette documentation, on suit Franck Parrish et son nouvel équipier sur une affaire sordide de meurtres d'adolescentes. L'intrigue policière est un pretexte pour décrire la lassitude d'un homme abimé qui s'efforce de prouver à son entourage qu'il n'est pas comme son père, qu'il croit en la justice, que lui ne triche pas.

Les descriptions sont parfois longues, les informations sur le fonctionnement des systèmes policiers et mafieux trop poussées et personnellement, je les trouve sans interêt pour l'histoire.

 

Ce que je retiens de ce livre c'est le travail de recherches fait en amont. J'ai le sentiment qu' Ellory a cotoyé des flics pour connaître leur milieu et leur quotidien très éloigné de celui du héros justicier. Il a voulu en faire une histoire et l'a placée dans la ville où le crime organisé à été le poumon économique du pays durant plus de 30 ans.

Le rythme du livre est saccadé comme un starter mal réglé. Parfois il ne se passe rien durant des pages, j'ai attendu dans la tête de Franck qu'il ait fini de ressasser son Blues, puis en une page tout s'accélère, l'action est rapide, intense. Hélas, l'élan ne dure pas. On tousse jusqu'à une fin qui me semble baclée, dénuée d'intéret avec une petite morale qui n'appaisera sans doute que le héros lui-même et encore, je n'en suis pas convaincue.

 

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Vous l'aurez compris, ce roman ne restera pas dans ma mémoire. Ce n'est pas pour autant que je suis déçue par l'auteur. Personne, même les plus grands, ne peut être au top à tous les coups. 

 

Septembre 2013 apportera le prochain livre de Roger Jon Ellory dont le titre original est Bad signs. Je l'attends avec intéret et j'irais de nouveau à la rencontre de cet auteur adorable qui a toujours un mot gentil et le temps de me signer ses ouvrages.

 

 

 


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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 09:11

 

 

Cette semaine, avec la troupe des premières fois nous avons décidé de raconter la première fois où nous avons pris la parole en public. 

Il a fallu que je trie dans ma mémoire car même si ça n'est pas mon métier, il m'est arrivé plusieurs fois de devoir m'exprimer devant un auditoire et ce à différents ages de ma vie et pour différentes raisons.

 

Le trac, je crois bien que je ne sais pas ce que c'est. La première fois que je suis montée sur une scène devant un public, la seule chose que j'ai ressenti c'est la chaleur des projecteurs. J'étais aveuglée par toute cette lumière si bien que je ne voyais pas la salle. J'ai donc fait comme si il n'y avait personne, j'ai fait ma prestation et je me suis barrée.

Lors de ma courte carrière professionnelle, j'ai eu pour mission de dispenser durant un mois des cours techniques à l' Ecole Nationnale d'Assurances. Les gens avec qui je partageais mes connaissances étaient tous plus agés que moi et pas un ne m'a effrayé.

Quand je prennais mes cours de chant, jamais je n'ai senti une gène à pousser ma voix et les quelques fois où on m'a demandé de chanter en représentation, j'étais comme un poisson dans l'eau.

Je ne suis pas timide, j'ai un contact très facile du moment que c'est moi qui l'ai décidé. Je déteste me faire aborder. Une intrusion met automatiquement tout mon système de défense en alerte rouge.

Quand je suis devant un public, je sens une distance entre lui et moi. C'est comme si je m'adressais à un tableau. Le halo lumineux qui me sépare de lui me protège alors je ne regarde rien, je ne vois rien, je suis uniquement concentrée sur ce que je dis et fais. Je m'isole.

Bien sûr, je n'ai pas passé ma vie sur les planches, j'ai du en tout me retrouver une vingtaine de fois devant un auditoire pour jouer, parler ou chanter. 

Inconsciente ? Peut-être mais en tout cas cette inconscience m'a permise de goûter au bienfait de l'adrénaline. Je ne suis pourtant pas trop extravertie. A moins d'être saoule (c'est à dire jamais), personne ne me verra danser, je suis incapable de me trémousser en public, je ne supporte pas de me laisser aller. J'ai besoin de contrôler ce que je fais et surtout de ne pas écorner l'image que je veux donner de moi, quelle soit bonne ou mauvaise selon le message que je veux faire passer.

 

La première fois où je me suis produite en public, je suis devenue une attraction dans mon quartier. Je devais avoir 4 ans et j'étais l'animation de la boulangerie au bout de notre rue.

A chaque fois que j'allais chercher du pain avec mon père ou ma mère, la boulangère me demandait si je voulais bien lui chanter une chanson. Alors, elle m'asseyait sur le comptoir et devant les clients, j'entonnais irrémédiablement le folklore américain de Sheila.Devant mon enthousiasme, les gens m'encourageaient et je redoublais d'entrain à interprèter cette chanson qui à l'époque était un immense succès.

 

 

 

Alors je crois que quand les fées se sont penchées sur mon berceau, la fée Trac devait avoir un mot d'absence...

 


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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 10:29

 

 

Je ne me casse pas trop la tête en ce moment en ne vous offrant que la chronique des premières fois du mercredi...

Panne d'inspiration ? Je ne sais pas mais je tiens à vous dire que je ne vous oublie pas !

 

Toujours est-il qu'aujourd'hui il a été décidé que nous raconterions la première fois où nous avons oublié quelque chose et ça je ne l'ai pas oublié.

 

Je dois vous faire un aveu, je n'oublie rien. C'est épouvantable, un vrai calvaire. Si si je vous jure que c'est pénible. Pas moyen de me livrer un secret, une consigne, un rendez-vous, une promesse, un aveu. Une fois l'information entrée dans mon oreille, elle refuse obstinément d'en ressortir. Imaginez un peu la taille du service archives de mon pauvre cerveau !

 

Et pourtant j'essaye d'oublier, je vous promet que j'y met toute la bonne volonté dont je suis capable. Les informations sans importance, les histoires qui ne me regardent pas, les incivilités dont je suis victime, les erreurs que j'ai pu commettre où qu'on a commis à mon égard, les mensonges...

Non, rien de rien, non je n'ai rien oublié comme le disait Edith Aznavour.

 

Je dis ça mais j'oublie de vous dire qu'il y a eu un grand trou noir dans ma mémoire.

Lorsque j'ai dû être soignée pour une mélancolie profonde et récalcitrante, j'ai été soumise à des traitements qui avaient pour vocation de me faire oublier. Un peu comme si on devait me débrancher. Et ça a marché.

Dans mon excellente mémoire, j'ai un morceau d'Ementhal (le gruyère n'a pas de trous), de dentelle de Calais. Une période couvrant quelques années durant lesquelles je ne me souviens plus de grand chose sauf des faits importants, dont le souvenir a été entretenu.

Durant ces années, j'ai en quelque sorte oublié de vivre.

 

Si vous pouviez imaginer comme il est épuisant de se rappeler de tout. D'entrendre à longueur de temps : "Tiens, toi qui te souviens de tout ..." Moi, je voudrais tellement oublier, trier le bon grain de l'ivraie, me débarrasser du mauvais et de l'inutile.

 

Depuis quelques mois ma mémoire me sert de terreau fertile puisque j'ai un projet d'écriture autobiographique. Cet exercice ne fait qu'accentuer l'affutage de mes souvenirs.

 

La seule chose que ma mémoire d'éléphant refuse d'intégrer ce sont les numéros de téléphone. Depuis que la technologie nous colle des mémoires partout, je ne connais plus aucun numéro. Si je perd mon téléphone, je suis coupée du monde. Je connais à peine mon numéro, je ne connais ni celui de mon fils, ni celui de mon père.

 

 

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Et je refuse obstinément de les apprendre ! 


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